Domaine de Chamarande

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en cours

Exposition Alchymia / Yassine Mekhnache > jusqu’au 14 janv

YASSINE MEKHNACHE
ALCHYMIA

Yassine Mekhnache est né en 1979 à Lyon, où il se fait d’abord connaître comme graffeur sous le pseudonyme de Yaze. De ces origines, les toiles conservent une culture urbaine à laquelle il mêle la peinture, peinture tant comme matière que comme moyen de représentation. Son énergie jaillit de ses grandes toiles de couleurs. Depuis vingt ans, l’artiste travaille sur la représentation du visage humain en l’approchant par un traitement quasi abstrait et plus métaphysique que réaliste et figuratif.

À partir de 2006, son travail pictural intègre des broderies traditionnelles. Dans le château de Chamarande, ses portraits peints montrent la rencontre entre une culture urbaine, une passion pour la peinture « du clair-obscur à Baselitz », et les traditions ancestrales des brodeuses marocaines et indiennes. Sur les toiles, des cartographies brodées, des oiseaux de perles, des aplats, des coulures et des éclaboussures de peinture s’entrelacent en de bouillonnantes et gracieuses compositions.

Au Domaine départemental de Chamarande, Yassine Mekhnache présente d’une part des travaux, toiles et film, extraits de sa série inspirée du texte de La Conférence des oiseaux (1177) écrit par le poète persan Farid Attar, et d’autre part des toiles spécialement réalisées pour l’exposition Alchymia. Après avoir dessiné les motifs centraux interprétés par des brodeuses indiennes, les toiles très récemment revenues d’Inde ont été « aspergées » de couleurs par le peintre dans une veine décorative et mystérieuse tel un hommage aux décors du château.


Yassine Mekhnache

par Yassine Mekhnache

Mon travail est né de la recherche incessante d’un langage autre que celui enseigné, d’un langage affranchi de tout élément formel. L’expérience de l’atelier a été fondamentale : la répétition de mon pseudonyme de graffeur a fait place à un visage sur la toile. Non pas tant autoportrait, il a pris la forme de reflets, d’éruptions fugaces d’un monde intérieur au bouillonnement silencieux, d’une énergie irréfragable. S’imprégner de cette force vitale, la cultiver et la mûrir en son fort pour la laisser jaillir enfin, dans l’aspiration imminente à la sublimer.

Ce besoin, parfois changé en fureur créatrice, me soumet à un commandement impérieux autant qu’à un abandon : laisser se répandre sur de grands formats l’encre, la peinture, la matière, tout en étant guidé par un trait mû par un souffle propre à chaque être. Un élan tel implique néanmoins la capacité à se questionner et à évoluer sans cesse. Contenir volontairement mon désir de peindre permet la réflexion et sa traduction en geste brut sur la toile ; l’expérience physique et pleine de l’espace le moment venu.

Je tends à une peinture vivante, personnelle, qui raconte une histoire au travers de sa chair et de sa matière. Par une démarche introspective, quasi anatomique, il s’agit de sonder l’âme, remuer l’être et jeter le tout sur la toile, sans jeu ni simulacre. Il s’agit de questionner l’inconscient collectif, sans amertume ni précepte, mais plutôt sous la forme d’une rencontre aux virtualités sans limite.

À l’image des oiseaux pèlerins envolés pour une quête spirituelle, mon travail se veut proposer un cheminement à part. Variation littéraire et picturale de la pensée soufi, La Conférence des oiseaux s’est imposée à moi il y a quelques années grâce à mon ami acteur et cinéaste Rachid Djaïdani ; ce parallèle entre mon travail et l’œuvre d’Attar explore les multiples facettes sensibles et initiatiques qu’elle détient, et s’inscrit dans l’étude du portrait humain que j’entreprends depuis quinze ans. Car l’aventure de la création m’apparaît comme une entreprise spirituelle et avant tout humaine. Mes toiles sont des productions à mille mains, dans lesquelles le fortuit et l’accidentel ont toute leur place. Les artisans indiens réinterprètent à leur manière les motifs et oiseaux que je crée ; les brodeuses marocaines tissent et pérennisent la tâche d’encre jetée sur le tissu à l’origine.

Une véritable chaîne humaine se déploie pour construire ou reconstruire l’œuvre aboutie. Dans cette union des médiums, j’imagine une architecture invisible, une fusion de broderie et peinture entre Maroc et Inde. Je suis convaincu qu’il est possible de créer des images neuves à partir de savoirs anciens, par un engagement physique et manuel total. Dans mes œuvres, le travail de l’artiste et celui de l’artisan sont complémentaires. Seule compte l’intelligence de la main. Je revendique un travail sans machine, nouant des liens indéfectibles entre artisanat, valeurs ancestrales et création contemporaine.

Mon engagement dans l’art est un acte d’amour, sans retour possible. La peinture me traverse, je la côtoie sans la contrôler. Elle me permet d’établir un mode d’expression qui est aussi un mode de vie, je suis peintre à l’infini.


Exposition Alchymia

Yassine Mekhnache
18 novembre 2017 – 14 janvier 2018
au château
> mercredi-vendredi, 14h-17h
> samedi et dimanche, 13h-17h
fermé les jours fériés

Les médiateurs vous proposent tous les samedis et dimanches à 15h
une visite commentée de l’exposition.

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