Domaine de Chamarande

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Conseil Général de l'Essonne
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Noir Vif > Les draisiennes 2014-2017

NOIR VIF

Découvrir le Domaine autrement…
Draisiennes, 2014
Bois moulé, acier inoxydable et cuir
Production pour le Domaine de Chamarande
Collection du FDAC de l’Essonne 2014

Le studio de design Noir Vif a créé à la demande du Domaine départemental de Chamarande un modèle de draisiennes afin de développer les formes de déplacements sur le site. Objet de mobilité douce, en bois multiplis moulé, la draisienne facilite la déambulation dans le parc et offre un rythme de visite encore plus agréable. Dans un premier temps, une démarche expérimentale a été menée auprès du public ; l’usage de la draisienne ayant rencontré l’adhésion des visiteurs, une série de draisiennes est en cours de production pour la belle saison prochaine.

• La renaissance de la draisienne

La draisienne est un objet ancien inventée en Allemagne par le baron Drais en 1817. La draisienne (en allemand Laufmaschine, machine à courir) avait pour objectif d’améliorer la vitesse de déplacement d’un individu à une époque de famine où les chevaux étaient rares et dévolus aux travaux des champs.

Importée en France sous la désignation vélocipède, elle est l’ancêtre de la bicyclette, avant l’apparition des chaînes à maillons, des pédales et des pneumatiques. Elle est ensuite remplacée par d’autres cycles plus performants et les premiers engins à moteur.

Depuis la fin des années 1990, la draisienne est remise au goût du jour pour les jeunes enfants, entre 2 et 5 ans. Elle facilite l’apprentissage de l’équilibre et prépare efficacement à la pratique du vélo.

La draisienne pour adulte est aujourd’hui quasiment inexistante en France. Pourtant, elle serait pertinente en tant qu’objet de mobilité douce ou en tant que dispositif médical à destination des personnes âgées ou des personnes à mobilité réduite.

• Un déplacement doux pour découvrir le Domaine

Plus efficace que la marche, moins que le vélo, la pratique de la draisienne (re)trouve toute sa pertinence dans le contexte du parc de Chamarande : elle devient un outil de déambulation lente propice à la contemplation sans recherche de vitesse et permet une cohabitation sereine avec les autres visiteurs.

La draisienne constitue une solution très facile d’utilisation pour un public très large, quasiment sans apprentissage initial. La draisienne est d’un usage très sûr puisqu’elle met en œuvre les mouvements de la marche et que les deux pieds sont en contact avec le sol. Bien qu’il marche, l’utilisateur est porté par la selle. Les jambes ne portent plus le poids du corps et servent alors uniquement à la propulsion. L’expérience provoque inévitablement une sensation d’apesanteur.

La possibilité d’avoir les deux pieds au sol en permanence permet de l’utiliser en toute confiance, notamment pour les personnes manquant d’équilibre ou d’assurance. Cet objet peut également convenir à des personnes souffrant de handicaps moteurs ou mentaux légers, qui ne leur permettent pas la pratique du vélo ou, dans un autre contexte, à des personnes en phase de rééducation.

• Un design contemporain pour un objet ancien

L’ergonomie de l’objet et ses dimensions se démarquent très nettement de celles d’un vélo conventionnel auquel on aurait retiré les pédales. La position de l’utilisateur notamment, diffère nettement de celle d’un cycliste classique. Ce nouvel objet relève plus d’une assistance à la marche que d’un cycle classique.

La plateforme abaissée apporte des possibilités d’usages supplémentaires : patinage (comme avec une trottinette) et conduite assise ou debout en descente. Le bois associé au revêtement de la selle et des poignées confère à l’objet un aspect chaleureux, accueillant et facile d’accès, assez éloigné des cycles d’apparences froides et techniques, en tubes métalliques cintrés et soudés. La selle a fait l’objet d’une attention particulière pour accepter les mouvements et la position du corps propres à ce type d’objet. Son dessin est inspiré de celui d’une selle de monocycle. Le guidon intègre un panier et un support de médiation tout en répondant aux contraintes ergonomiques de l’objet.

La plupart des pièces qui constituent cette draisienne sont conçues spécialement pour répondre à ses particularités esthétiques et fonctionnelles. Toutes les fabrications sont françaises.

• Des visiteurs séduits et convaincus

La phase d’essai des prototypes de draisiennes a fait la preuve de la pertinence d’un tel objet dans ce contexte. L’usage des draisiennes a été évalué par les visiteurs du Domaine lors de séances d’essai ouvertes à tous. Les retours des testeurs se sont révélés très positifs.

Quelque soit leurs poids, âge ou condition physique, les visiteurs se montrent séduits et convaincus tout à la fois par l’apparence et l’utilisation de ce nouvel objet. Le bois du cadre surprend par sa mise en œuvre structurelle sur un cycle et séduit par son aspect chaleureux.

La facilité d’utilisation de la draisienne se révèle quasi-immédiatement pour tous les utilisateurs, une fois la selle réglée à la bonne hauteur. Les visiteurs du parc déposent spontanément leurs affaires dans le panier et partent explorer le parc, pour certains, bien au-delà du temps et du périmètre prévus pour l’essai.

Le studio Noir Vif est créé au printemps 2011 par André Fontes et Guillaume Lehoux. Ils se sont rencontrés à l’ENSAAMA Olivier de Serres où ils ont obtenu leur DSAA. Pour André, il s’agissait d’élargir le champ de ses compétences après une carrière d’ingénieur riche d’une quinzaine d’années au contact des matériaux et des procédés de fabrication. Guillaume complète sa formation par un master en Conception de Produits Innovants à l’ENSAM. Leur curiosité et leur enthousiasme les amènent à concevoir des réponses pertinentes et inventives dans des secteurs d’activité aussi variés que l’artisanat d’art, l’industrie ou la recherche scientifique.

Domaine départemental de Chamarande : les draisiennes imaginées par Noir Vif, 2014-2016 © Noir Vif