Domaine de Chamarande

à partager en Essonne

Conseil Général de l'Essonne
Bandeau rouge

Vues – Château > 2013-2014

VUES.
PAYSAGES D’AUJOURD’HUI
D’APRÈS HUBERT ROBERT

Artistes : Guillaume Bresson, Étienne de France, Cyprien Gaillard, Laurent Grasso, Markus Hansen, Tommy Hilding, Filip Mirazovic, Nicolas Moulin, Lucien Pelen, Mathieu Pernot, Stefan Shankland, Claire Tabouret, Marie Velardi, Edouard Wolton, Duncan Wylie

Au XVIIIe siècle, Hubert Robert (1733-1808), surnommé Robert des Ruines, renouvelle le genre du paysage en combinant étude de la nature et fantaisie poétique. Peintre et dessinateur de jardins (bosquet des bains d’Apollon à Versailles, domaines d’Ermenonville et de Méréville), il réalise notamment vers 1785 une Vue du Château de Chamarande, œuvre acquise par le Conseil général de l’Essonne en 1998. La peinture présente une vision insolite du château et de ses abords : à une scène de vie quotidienne se mêlent des éléments imaginaires, telles les vertigineuses falaises qui donnent un caractère vibrant à la forêt environnante alors qu’elle s’inscrit en fait dans un relief légèrement vallonné. Ce paysage pittoresque, empreint d’émotion, dévoile les sentiments de l’artiste dans une nature sublimée.

L’exposition Vues procède de ce glissement entre la nature réelle et la nature inventée (la vision). La sélection des œuvres d’une quinzaine d’artistes français et internationaux nous entraîne vers une douce rêverie poétique sur l’histoire du point de vue et de la construction du paysage. Cette histoire du paysage connaît notamment une apogée en Italie au XVIIIe siècle avec les peintres vedutistes. Les vedute (vues en français) sont des paysages certes construits selon les principes de la perspective mais néanmoins transformés et mis en scène par le point de vue (le sentiment) des peintres. Aujourd’hui encore, projetant sur le monde leurs visions et leurs états d’âme, les artistes composent et recomposent le réel ; ils façonnent les représentations de nos environnements.

C’est un panorama de réalités possibles et imaginaires qui vous est ici proposé. Les tableaux sont autant de pièces à conviction, de montages à décrypter que de références à découvrir : ils évoquent un monde en mutation sociale, urbaine et environnementale. Des toiles figuratives donc, mais pas forcément réalistes, dans lesquelles se jouent autant le plaisir de la reconnaissance (le motif) que celui du fantasme (l’énigme et la fable). La modernité porte l’idée d’un monde qui change, qui change de plus en plus vite, qui change à toute vitesse. Ici, ni rupture radicale, ni table rase du passé, c’est au contraire la continuité qui est soulignée. Le futur n’est plus un absolu inatteignable (le progrès) mais une situation qui nous rattrape, avec des désordres climatiques et des transformations de l’équilibre des forces de la planète.

Conjuguée au futur antérieur, l’exposition Vues vous invite à imaginer et à contempler un avenir des possibles. Toujours en hommage à Hubert Robert – qui fut également Garde du Muséum central des Arts (actuel Musée du Louvre), les toiles sont accrochées sur une nouvelle cimaise en bois qui court d’une salle à l’autre. Cette scénographie originale transforme les espaces du château, et redessine votre parcours. Les jeux, qui s’opèrent entre le tableau, la tapisserie et la fenêtre, entre l’icône et l’apparat, sont ainsi remis en perspective.

Commissaire associé COAL

Vues. Paysages d’aujourd’hui d’après Hubert Robert
30 novembre 2013 – 30 mars 2014

au château ●
> mercredi, jeudi et vendredi, 14h-17h ●
> samedi, dimanche et jours fériés, 12h-17h

Exposition Vues 2013-2014 : Edouard Wolton / Étienne de France / Laurent Grasso / Claire Tabouret /  Lucien Pelen © Droits réservés