Domaine de Chamarande

à partager en Essonne

Conseil Général de l'Essonne
Bandeau rouge

Milieux – Parc > 2013

DOUZE PRODUCTIONs
douze MILIEUX

Le Domaine de Chamarande est à la croisée des territoires et des époques. Entre zones urbanisées, agricoles et forestières, patrimoine et modernité, il est un microcosme où coexistent la diversité des milieux naturels et les transformations du paysage.

Pour l’exposition Milieux, une douzaine d’artistes français et internationaux vous invitent à re-découvrir les milieux qui composent ce site remarquable, en vous immergeant complétement dans ses 98 hectares…


• LE BUFFET D’EAU


Créé vers 1750 par Pierre Contant d’Ivry (1698-1777), le buffet d’eau est composé d’une succession de fontaines et de cascades adossées contre un mur de soutènement. Aujourd’hui isolé, il formait alors un amphithéâtre et ménageait un effet de surprise sur le parterre régulier du jardin. Il s’inscrivait dans un dispositif de bassins et de fontaines entouré de broderies de buis qui se déployaient jusqu’au château.
Deux sources l’alimentent : l’une provenant de la forêt, l’autre du lavoir situé près de l’église, dans le village. Fréquemment modifié, le buffet d’eau a perdu son décor originel ; seuls subsistent les bossages rustiques encadrant les panneaux de rocailles.
Les deux sculptures monumentales coiffant la fontaine datent du début du XXe siècle. Ce sont des copies d’après les allégories des fleuves d’Antoine Coysevox (1640-1720) pour le bassin nord des jardins de Versailles : la Garonne et la Dordogne.
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Bruit du Frigo, Chamarande les bains, 2013


LA FORÊT

Les 45 hectares forestiers du Domaine sont caractéristiques des peuplements de fonds de vallée frais à humides du bassin parisien. Si les superficies des espaces boisés du parc ont beaucoup évolué selon les époques et les dessins du jardin, elles conservent les traces des salles de verdure dont les buis sont les plus anciens témoins.
Plantés depuis la voie ferrée jusque vers le sud et l’ouest du Domaine, ces peuplements forment aujourd’hui des futaies denses d’âge moyen, avec parfois des trouées provoquées par la tempête de 1999 ; le frêne et l’érable sycomore en sont les principales essences, accompagnées du tilleul, du charme, du chêne et du marronnier.
La forêt de fond de vallée, située à proximité de la Juine en zone plus humide, est en revanche composée d’une futaie jeune ou d’âge moyen, avec du frêne, de l’aulne et du saule, mêlés d’érable, de peuplier et de chêne.

> Laurent Tixador, Le pont, production réalisée en septembre 2013
Les outils qui serviront à la construction du pont sont exposés dans le hall des Archives départementales.
> Gilles Bruni, Un pourrissoir dans le sous-bois, une façon de recycler le bois mort, coupé ou tombé et de laisser venir les décomposeurs, jusqu’à l’humus, 2013


LE MARAIS

Espace ouvert offrant une végétation typique, le marais est un milieu naturel où la biodiversité est riche et sensible.
Véritable zone refuge pour les passereaux, le paysage ouvert de cette zone humide nécessite un entretien adapté pour favoriser l’épanouissement des nombreuses espèces qui y vivent ou s’y nourrissent.
Sa gestion différenciée intègre les spécificités de cette vaste prairie humide de 8 hectares, avec une fauche hivernale partielle.
> Gilles Bruni, Balance : monter-descendre / descendre-monter, changer de point de vue pour mieux éprouver le marais, 2011


• LA CRESSONNIÈRE

En fait il s’agirait davantage d’un espace dédié à la pisciculture avec ses bassins qui se déversent successivement les uns dans les autres par un système de trappes, l’alimentation en eau se faisant par une source en amont et des sources drainées tout le long de la structure.
Parsemés de cresson de fontaine et recouverts de petites lentilles d’eau, les bassins sont entretenus de manière r
aisonnée comme leurs abords avec une fauche estivale.
> Christophe Clottes, Cuisine de campagne, recréation 2013


• L’ÎLE & LA PIÈCE D’EAU

Purement artificielles, l’île et la pièce d’eau forment un jardin d’eau créé par la rencontre, au XVIIIe siècle, de deux canaux. C’est dans les années 1780 que le site revêt un caractère pittoresque, consistant à créer une séquence paysagère formant un tableau naturel digne d’être peint. Ainsi, le reflet du château apparaît dans l’eau tel un tableau encadré par les rives de l’étang, avec une végétation environnante propice à la rêverie et des plantations favorisant la flânerie.
Les cyprès chauves de Louisiane sont alors plantés : ils enserrent les rives d’un bord ligneux dont on ne sait s’il s’agit d’un modelé artificiel ou d’une pousse naturelle. Les racines proliférantes assurent une bonne assise dans des terrains spongieux, et présentent la particularité de développer des excroissances aériennes appelées pneumatophores qui captent dans l’air l’oxygène dont la vase est totalement dépourvue
en raison de la fermentation végétale.
Tout au long de l’année, l’île accueille nombre d’espèces d’oiseaux : canards colvert et foulques au printemps, hirondelles, bergeronnettes et martinets en été, ou cormorans en hiver.
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Nicolas Floc’h, Immersion d’Étude RA #1, 2013
> Étienne de France, Rise, 2013


LA ZONE DU PLATANE

> Olivier Darné + Parti Poétique, Investir le ciel, 2013


DES ABORDS DU CHÂTEAU À LA LISIÈRE

> Camille Goujon, Naturoscopes, 8 dispositifs dans le parc, 2013


LA PRAIRIE

Espace central, ouvert et lumineux dans le parc, le paysage de la grande prairie est emblématique du Domaine. Pelouse de 15 hectares, située derrière le château, elle est ponctuée de quelques bosquets, et offre surtout de multiples points de vue sur les différents milieux du Domaine. Elle est régulièrement tondue, et entretenue sans usage d’aucun produit phytosanitaire.
Rappelons qu’au XVIIe siècle, s’y déployait un jardin à la française dit jardin régulier composé de broderies, de parterres engazonnées et de grandes perspectives ménagées par des allées rectilignes.
Symbole de l’homme qui maîtrise la nature, le jardin se développait jusqu’aux douves du château.

> Suzanne Husky, Jardin Fantôme, 2013


AUGUSTE MIONE & LES PAVILLONS

En 1957, le Domaine est à l’abandon quand l’entrepreneur de travaux, Auguste Mione (1898-1982), l’acquiert. Il décide de réhabiliter le site, et choisit d’implanter le siège de son entreprise de bâtiments : la Construction Moderne Française (CMF).
Jusqu’en 1962, de vastes travaux sont entrepris pour restaurer le château et les bâtiments environnants. Le château constitue une véritable ruche ; plus d’une centaine de personnes travaillent en permanence sur le Domaine, et pour la plupart y résident.
De 1959 à 1963, une cinquantaine de logements pour les cadres et les employés de l’entreprise sont aménagés ou construits sur le Domaine ainsi qu’un centre médico-social, aujourd’hui le Centre Mione, structure d’accueil et d’hébergement à vocation pédagogique et éducative.

> Nicolas Milhé, Le Pavillon français, 2013


LA LISIÈRE

Zones limitrophes, les lisières jouent un rôle majeur dans la conservation de la diversité biologique. Si elles font interface entre deux milieux écologiques distincts (milieu écotone), elles sont aussi frontière visuelle et physique remarquable dans le paysage.
Sur le Domaine de Chamarande, la lisière située entre la grande prairie et la forêt est un élément essentiel du site : elle est le premier contact visuel et physique avec le milieu forestier.

> Liliana Motta, Habiter la lisière, 2013


Commissaire associé COAL

MILIEUX
26 mai – 30 septembre 2013 •
dans le parc, au château et à l’orangerie  •
> dans le parc : tous les jours, à partir de 9h •
> au château et à l’orangerie : tous les jours, 12h-19h •

Exposition Milieux 2013 : Bruit du frigo © Henri Perrot / Gilles Bruni, Nicolas Floc'h, Etienne de France, Olivier Darné + Parti Poétique, Camille Goujon, Suzanne Husky et Nicolas Milhé © Laurence Godart