Domaine de Chamarande

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Prolongation > Biennale 2017 _ La Science de l’Art / Anna Iris Lüneman Uncertain Grounds > jusqu’au 7 janv

LA SCIENCE DE L’ART
BIENNALE 2017

En partenariat avec le Collectif pour la Culture en Essonne
12 novembre 2017 – 7 janvier 2018

au château
> du mercredi au vendredi, 14h-17h
> samedi et dimanche, 13h-17h


Dans le cadre de la Biennale La Science de l’Art 2017, organisée par le Collectif pour la culture en Essonne, sur le thème « La culture du risque », le Domaine départemental de Chamarande a invité l’artiste Anna Iris Luneman à réaliser le projet Uncertain grounds spécifiquement pour le Salon blanc du Château. A ainsi émergé, entre intérieur et extérieur du salon XVIIIe siècle, une installation foisonnante de champignons et de citrouilles aux matières et aux couleurs féériques.


Uncertain grounds

Anna Iris Lüneman


Tout semble si calme. Un château et un bel hêtre pourpre. Un jardin verdoyant et riche d’une histoire plusieurs fois centenaire. Pourtant, les temps se révèlent être incertains. Le hêtre pourpre est envahi par des champignons, des champignons potentiellement mortels. Ils se sont répandus, partout, et ils perturbent l’harmonie apparente du Domaine. De dangereuses forces sont-elles à l’œuvre ?

Des citrouilles multicolores surmontées de champignons excroissants ont poussé ça et là, à l’extérieur, à l’intérieur. Des formes ont jailli, venant de l’extérieur vers l’intérieur, envahissant l’intérieur. Les citrouilles ne sont-elles que des complices, des restes attaqués par les champignons ? Que leur ont fait les champignons ? Peut-être sont elles en plein délire hallucinogène et vont-elles se multiplier ?

Un vestige du passé semble en proie à une invasion, que va-t-il advenir ? Les ruines vont-elles mourir ? Le passé peut-il mourir et quelles peuvent être les conséquences pour le futur ?

L’œuvre d’Anna Iris Lüneman est traversée par l’exploration de la frontière entre intériorité et extériorité, une frontière souvent poreuse, comme on le voit dans ses dessins, où les formes semblent flotter dans l’espace de manière indécise et en perpétuel va-et-vient. Certaines formes ressemblent à des blastulas, des cellules pré embryonnaires évoluant dans les tissus organiques, liées par des filaments. Comme les champignons, qui créent avec les arbres un milieu symbiotique leur permettant de fusionner et de partager des nutriments chimiques, cette zone de contact apparaît comme un lieu d’infinis possibles. Il semble s’y déployer un processus de gestation.

L’instabilité des champignons et des moisissures fait écho à l’imprévisibilité du résultat de la cuisson des céramiques, dont l’apparente fixité contraste avec leur contingence et leur fragilité. Il s’agit donc de regarder au plus profond de ce qui excroît : tout se passe en dessous. On peut ainsi voir dans cette attaque fongique une invitation à explorer les ruines enfouies qui nous constituent et nous entourent, et à imaginer ce qui peut en surgir.

Le pouvoir des champignons serait donc de savoir puiser ses ressources dans l’apparente finitude des choses. Qu’ils soient sauveurs ou destructeurs, les champignons nous rappellent surtout que la frontière entre inertie et mouvement en réalité n’en est pas une, et que l’incertitude est le plus fertile des terreaux.

Adiva Lawrence

 

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